Par Jillian Ohayon, Université McGill

shutterstock_67783021Le style d’enseignement captivant et la personnalité affable de Shauna Van Praagh lui ont valu d’être très populaire auprès des étudiants de l’Université McGill, et je me suis dit que nous serions nombreux à pouvoir profiter de son expérience et de ses conseils. Mme Van Praagh donne un cours intégré de première année sur les délits civils et un cours de deuxième année sur les obligations en common law, en plus d’offrir un séminaire étudiant d’enseignement juridique. Elle a obtenu un diplôme de premier cycle en physiologie et un diplôme en droit de l’Université de Toronto, agi à titre d’auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada auprès du juge Dickson et obtenu une maîtrise et un doctorat de l’Université Columbia. Mme Van Praagh enseigne à l’Université McGill depuis 1993 et je l’ai rencontrée pour lui poser quelques questions sur ses études en droit et sa sur carrière.

Je lui ai tout d’abord demandé quel était le beau souvenir qu’elle gardait de ses études en droit. Elle m’a répondu que ce qui avait été le plus important pour elle, ce sont les échanges avec les autres étudiants. Elle se rappelle l’excitation de rencontrer des gens de divers horizons aux points de vue variés. « Les études en droit sont une période très intense, notamment en ce qui concerne les relations sociales. On découvre ce qui nous tient vraiment à cœur et on réfléchit à toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Pendant des études en droit, on évolue énormément sur le plan personnel et ce, d’une façon qui nous marque pour toujours. » Si elle pouvait aujourd’hui donner un conseil à l’étudiante qu’elle était, elle se dirait de faire attention avant de juger les autres. « Tout le monde apprend à exprimer ses convictions. » Au début de la vingtaine, elle était persuadée de tout savoir. « Plus on gagne en maturité, plus on comprend que ce que les autres ont à dire pourrait nous surprendre ou nous convaincre. »

Pendant des études en droit, on évolue énormément sur le plan personnel, et ce, d’une façon qui nous marque pour toujours.

J’ai poursuivi en demandant à Mme Van Praagh avec lequel des juges de la Cour suprême qui ait jamais vécu elle aimerait souper si elle en avait l’occasion et pourquoi. À sa propre surprise, ma question l’a beaucoup émue. Les larmes lui sont montées aux yeux lorsqu’elle m’a dit qu’elle choisirait le juge Dickson, qu’elle aimerait remercier pour son mentorat. « C’est drôle, je ne suis habituellement pas aussi émotive quand je pense à lui. Il n’était pas quelqu’un que je qualifierais de chaleureux. On le respectait, on faisait notre travail et on produisait des résultats. » Elle a mentionné que le juge Iacobucci avait aussi été son mentor et qu’elle avait aimé discuter avec les juges Abella et L’Heureux-Dubé et Lord Goff. Ce qui m’a particulièrement plu dans sa réponse, c’est quand elle dit ceci : « Les juges de la Cour suprême sont des humains eux aussi. Il ne faut pas l’oublier. Notre vie est remplie d’une foule de gens importants de qui on peut apprendre beaucoup. »

Nous avons ensuite abordé le sujet favori de tous les étudiants : les notes. J’ai demandé à Mme Van Praagh si elle se souvenait de la pire note qu’elle avait obtenue pendant ses études en droit. Elle s’est rappelé avoir obtenu une note plutôt décevante dans un cours de première année. C’était le cours sur les délits civils, un sujet qu’elle connaît plutôt bien aujourd’hui! « Ce n’est pas la fin du monde d’obtenir un C. J’ai eu une note finale de C+ dans mon relevé de notes. Une note ne révèle rien de fondamental sur une personne. » Je lui ai ensuite demandé ce qu’elle aurait fait si elle avait pu choisir une autre carrière. Elle affirme avoir envisagé de monter sur les planches, de devenir rabbin ou d’enseigner autre chose que le droit. Selon elle, chacune de ces professions comprend des éléments qu’elle retrouve dans sa carrière actuelle. « Lorsque j’enseigne, c’est comme si j’étais sur scène. Et les aspects que j’aime de la religion sont en quelque sorte présents dans le droit. »

Enfin, j’ai demandé à Mme Van Praagh quel conseil elle donnerait aux étudiants. Elle m’a répondu que même si l’étude du droit resterait toujours difficile et intense, elle offre une occasion privilégiée d’en apprendre plus sur soi. « Vous devez accepter que les concepts que vous étudiez ne sont pas faciles à maîtriser. Demeurez attentifs à vous-même et soyez le plus ouvert possible aux nouvelles idées. »

J’aimerais remercier Mme Van Praagh pour son temps et ses précieux conseils!